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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 19:28

Ebauche d’un manifeste institutionnel

 

Tout d’abord, sans crainte ni complexe aucuns, nous affirmons notre préférence pour la monarchie constitutionnelle comme forme institutionnelle de l’état. Une fois clarifié cet aspect essentiel, nous allons démontrer comme une telle option institutionnelle ne soit pas fondée sur une idéalisation de la couronne mais sur un raisonnement historique et politique.

 couronne-louis-XV-Antoine-Louvre.jpg

1 – Dans la conscience actuelle, notamment en France, le terme de « monarchie » est assez méconnu et assimilé automatiquement et de façon erronée à « pouvoir arbitraire ».Certes, l’Ancien Régime ne fut pas un régime parlementaire à l’anglaise et l’Empire (à part la brève parenthèse d’Empire « libéral » qui précéda le désastre de 1870) assez autoritaire ; la seule parenthèse de véritable monarchie constitutionnelle connue en France fut le règne de Louis Philippe (1830 – 1848), qui d’ailleurs régna comme « Roi des Français » et non « Roi de France » et fut surnommé le « Roi bourgeois ». Toutefois, il serait réducteur et fondamentalement faux de considérer les rois de France agissant comme des satrapes orientaux tout-puissants. La monarchie féodale se fondait sur l’allégeance et le soutien de l’aristocratie au souverain, le pouvoir était ainsi  issu de la synthèse et de la médiation. Ensuite, la féodalité  évoluera de façon différente : en Angleterre le parlementarisme prendra naissance d’abord grâce à la Magna Carta, puis par les reformes du 17ème siècle. En France, en revanche,  l’état comme va se configurer  dans la forme de l’Absolutisme. Mais l’Absolutisme doit être compris dans sa contingence historique : le déclin des Valois et l’arrivée au pouvoir des Bourbons sont marqués par les guerres de religion et surtout les tentatives de rébellion de l’aristocratie contre le pouvoir royal (il suffira de penser à la Ligue Catholique des Guise et à la Fronde). Ainsi, suite à la défaite des aristocrates félons, grâce à l’œuvre de Mazarin, Louis XIV jette les bases d’un état moderne, un état centralisé, souverain et supérieur aux pouvoirs particuliers. Tel est le sens de la phrase : « l’Etat c’est moi », affirmation de la centralité de l’état et de son apparat, personnifié par le roi. Evidemment, cette affirmation sortie de son contexte historique (art dans lequel excellent les propagandistes de toute foi) engendre la confusion et permet le dénigrement de la monarchie : dans l’esprit des français la figure du roi demeure une sorte de tyran moyenâgeux muni de couronne et tout-puissant, plus proche de la reine des cartes d’Alice au pays des merveilles que d’un monarque moderne. Retenons donc comme coupables de ces raccourcis simplistes l’ignorance historique diffuse et le provincialisme hexagonal (deux des grands maux qui nous affligent), entretenus sans doute par l’héritage encore persistant de l’endoctrinement massif républicain des instituteurs de Jules Ferry.


2) Corollaire de la proposition précédente : lorsque nous affirmons notre opinion monarchiste, l’interlocuteur étonné (et sottement goguenard) nous demande alors si nous souhaitons vivre comme esclave d’un maitre. Nous répondons invariablement en demandant si les citoyens britanniques (ou belges, suédois, espagnols, néerlandais, danois, norvégiens ou luxembourgeois) ont l’air de vivre en misérable servitude… Inévitable sursaut de l’interlocuteur républicain : « Ce sont des pays modernes, pas des vraies monarchies ! ». Voici confirmée la première proposition : en France monarchie est hélas synonyme de tyrannie.

3) La monarchie et la présence d’un souverain incarnent et garantissent la stabilité d’un pays. En Espagne, Juan-Carlos sut défendre efficacement la constitution démocratique et faire avorter le coup d’état militaire néofranquiste du colonel Tejero en 1981. Au Royaume-Uni la dynastie Windsor incarne admirablement l’unité et la cohésion du pays (http://unregardunpeuconservateur.over-blog.com/article-happy-and-glorious-106393617.html).
Dans les pays privés de monarchie, cette absence se fait remarquer. Prenons l’exemple de l’Italie : depuis quelques semaines le résultat des élections législatives a consigné le pays à une période d’instabilité politique, faute d’avoir permis la formation d’une majorité stable au parlement. Naturellement, tous les regards (et les espoirs) se tournent vers le garant suprême de la nation, le président de la république, l’excellent Giorgio Napolitano. Toutefois, le mandat de celui-ci expire le 15 mai et son successeur devra être élu par le parlement (ce même parlement qui a des allures de « chambre introuvable »). Certains commentateurs et hommes politiques pour qui la monarchie n’est qu’une poussiéreuse relique muséale ont avancé la suggestion de réélire Monsieur Napolitano ou de prolonger son mandat de deux ans… Ainsi, si le chef de l’Etat était une figure stable, au dessus de la lutte politique, non soumise à un vote, la situation ne serait-elle pas améliorée ? Le pays ne bénéficierait pas d’un point de référence fixe ?

 

Enfin, tournons notre regard vers une monarchie que tout le monde connait, bien que presque tout le monde ignore qu’il en soit une : le Vatican. La très grande médiatisation du conclave et l’enthousiasme pour l’élection de François ne traduisent-ils pas ce désir de voir des « étoiles fixes » briller dans le ciel institutionnel ?


Ce serait une erreur de considérer la monarchie comme une institution vouée à la disparition et à l’oubli, l’histoire millénaire de l’Europe nous a habitué à bien d’autres soubresauts.

 

Crédit images : Google

 

Cet article trouve son inspiration dans un article (La France, à jamais bonapartiste ?) paru sur "Le Paradigme de l'Elégance", blog ami que nous recommandons (http://leparadigmedelelegance.wordpress.com/)

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