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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 22:16

Ou comment « Rule Britannia » se transforme en « Cash Britannia »

Une actualité certes riche en événements mais peu susceptibles  d’éveiller notre envie de la commenter, une certaine lassitude qui nous frappait, un mélange de paresse (nous l’avouons) et la volonté de ne pas nous répéter nous ont tenus éloignés de ce blog pendant des longues vacances.

Mais, enfin, voici une nouvelle qui vient tout naturellement réclamer un commentaire. Elle n’est pas pauvre en mérites  à nos yeux : elle vient d’Angleterre, concerne l’histoire, est un peu paradoxale et assez légère. Voici réunie d’une façon presque miraculeuse les ingrédients que nous affectionnons !

Les faits : comme la plupart des pays européens, même le royaume de Sa Gracieuse Majesté est confronté à des soucis budgétaires que le gouvernement de Monsieur Cameron, en bon épigone de Margaret Thatcher, essaye de résoudre de la façon la plus pragmatique possible. Toutefois, la fièvre d’assainissement financier vient d’atteindre un palier qui nous laisse songeurs : compte tenu que son entretien s’avère trop onéreux par la bourse du Lord Chancelier de l’Echiquier (le ministre des finances britanniques), Downing Street a décidé de céder en bail emphytéotique le vénérable immeuble de l’Amirauté à un groupe immobilier espagnol qui entend le transformer en hôtel de luxe avec double vue sur Trafalgar Square et Saint James Park.

800px-Admiralty_Arch-_London-_England_-_June_2009.jpgMesurez l’ampleur de l’événement qui défie même le sens aigu du non-sens et de l’absurde chéri par nos amis britanniques : le symbole de la puissance navale d’Albione, pivot de son empire mondial (hélas trépassé…)  bradé pour une poignée, bien que substantielle, de doublons à l’un des ennemis héréditaires. Une courte vision panoramique des anciennes gloires anglaises suffira à montrer l’ampleur du chemin dans lequel David Cameron se fourvoie :

Spanish_Armada01.jpgen 1588 sir Francis Drake détruit l’Invincible Armada dans la Manche et sauve le pays de l’invasion. 1805 : Horatio Nelson paie de sa vie la victoire de Trafalgar, mettant fin à la puissance navale de Napoléon et de son allié espagnol et garantit la suprématie sur toutes les mers de la Royal Navy. Et, deux cents ans après, voici que le lion espagnol, bien que sous les habits anonymes d’un investisseur, vient narguer l’amiral sur sa haute colonne de marbre.

Nous avons toujours eu la consolation, dans un monde en pertes de repères et sans mémoire, de voir dans l’Angleterre le rempart contre un certain laisser aller. Le dernier roi d’Egypte, Farouk, aimait répéter : dans cent ans il n’y aura au monde que cinq rois : les quatre du jeu de cartes et le roi d’Angleterre. La fausse note, l’initiative maladroite de Monsieur Cameron nous surprend et nous attriste ; nous imaginons aisément les ombres des grandes hommes d’Angleterre surgir de leurs tombeaux de Westminster et de Saint Paul et défiler en spectrale cortège le long de Whitehall en murmurant « Shame, shame… ». Il semblerait ainsi que l’honneur de l’Angleterre ne soit plus que l’affaire de Daniel Craig dans « Skyfall »…

Il ne nous reste qu’à espérer que dans 99 ans, à la fin du bail, alors qu’un descendant de William et Kate sera sur le trône, l’Union Jack reviendra flotter orgueilleusement sur les vielles pierres de l’Amirauté, sous le regard fier et victorieux de Nelson !250px-HoratioNelson1.jpg

 

 

Images : L'Amirauté, la défaite de l'Invincible Armada

et Horatio Nelson.

Source : Google Images

 

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